Et mon coeur fait boum·Listomanie·Mon nombril

Mes femmes de lettres.

J’ai sur mes étagères, désordonnées,

d’exceptionnelles femmes, lettrées.

Celle qui pose l’addition des grands moments qui font les riches heures de nos vies.

Celle qui a dit à Diego : « Sois sage, même si tu t’amuses, n’arrête jamais de m’aimer, ne serait-ce qu’un peu. »

Celle qui met noir sur blanc la puissance invaincue des femmes.

Celle qui fut ma bouleversante pépite d’automne.

Celle qui m’a appris que certains événements vous collent à la peau et ne vous quittent jamais vraiment.

Celle dont les mots m’ont un jour murmuré, il y a des années désormais, que certains départs ou abandons n’ont rien de grave.

Celle qui aimait Mapplethorpe inconditionnellement.

Celle qui racontait les vies croisées des quatre filles de la Villa Hervé.

Celle qu’une professeure de littérature me conseillait, en me suggérant de tourner les pages déstabilisantes de son Grand Cahier.

Celle qui méritait bien de se trouver deux fois dans cette sélection-là.

Celle qui cachait sous un titre provocateur, une lettre sensuelle d’une beauté époustouflante.

Celle-dont-je-ne-prononcerai-pas-le-nom, avec laquelle je grandissais, tome après tome.

Celle qui me laissait entendre que je ne serai jamais une fille rangée, qu’inévitablement je n’échapperai pas aux douleurs de La Femme rompue, que j’entrerai dans La Force de l’Âge et que Tout compte fait, je ne m’habituerai jamais à La Cérémonie des Adieux.

Celle qui écrivait ce roman qui transpire le sexe, déborde d’alcool et se dévore comme on sniffe un rail de coke.

Celle qui m’apprenait à accepter la part d’ombre de chacun.

Celle qui aimait Ernest comme on aime l’homme de sa vie.

Celle qui confiait le corps de son héroïne, en toute sensualité, aux mains expertes de Monsieur.

Celle qui racontait l’adieu à un père aux poumons trop fragiles.

Celle qui réparait les vivants et parlait d’art comme personne.

Celle qui a offert quatre héroïnes à mon adolescence.

Celle qui est absente de la photo puisque les hamsters de la couverture ont décidé de faire le mur sur d’autres étagères…

Celle qui rendait les bouquets de ronces plus beaux que tous les autres et qui venait à chaque relecture piquer à vif les douleurs de mai.

C’est la journée internationale de lutte pour les DROITS DES FEMMES.

#Marsauféminin  #Mesfemmesdelettres

Pour vos oreilles: La Grenade – Clara Luciani

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17 réflexions au sujet de « Mes femmes de lettres. »

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