Mots qui font battre le coeur…

Avant d’admettre l’absurde, on épuise toutes les solutions. Hautière Abélard.

Chaque illusion perdue est une vérité retrouvée. Hautière Abélard.

Les vieux ne meurent pas, ils s’endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l’autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n’importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer  Brel

Oui, j’aime Hémon. J’aime un Hémon dur et jeune; un Hémon exigeant et fidèle, comme moi. Mais si votre vie, votre bonheur doivent passer sur lui avec leur usure, si Hémon ne doit pas pâlir quand je pâlis, s’il ne doit plus me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, s’il ne doit plus se sentir seul au monde et me détester quand je ris sans qu’il sache pourquoi, s’il doit devenir près de moi le monsieur Hémon, s’il doit apprendre à dire « oui », lui aussi, alors je n’aime plus Hémon!  Antigone Anouilh

Médée : […] Tu continueras à y lire jusqu’au bout le visage de Médée !

Jason : Non, je l’oublierai.

Médée : Tu crois ? Tu iras boire dans d’autres yeux, sucer la vie sur d’autres bouches, prendre ton petit plaisir d’homme où tu pourras. Oh, tu en auras d’autres femmes, rassure-toi, tu en auras mille maintenant, toi qui n’en pouvais plus de n’en avoir qu’une. Tu n’en auras jamais assez pour chercher ce reflet dans leurs yeux, ce goût sur leurs lèvres, cette odeur de Médée sur elles.

Jason: Tout ce que je veux fuir !

Médée : Ta tête, ta sale tête d’homme peut le vouloir, tes mains déroutées chercheront malgré toi, dans l’ombre, sur ces corps étranges, la forme perdue de Médée! Ta tête te dira qu’elles sont mille fois plus jeunes ou plus belles. Alors ne ferme pas les yeux, Jason, ne te laisse pas une seconde aller. Tes mains obstinées chercheraient malgré toi leur place sur ta femme… Et tu auras beau en prendre, à la fin, qui me ressembleront, des Médées neuves dans ton lit de vieillard, quand la vraie Médée ne sera plus, quelque part, qu’un vieux sac de peau plein d’os, méconnaissable, il suffira d’une imperceptible épaisseur sur une hanche, d’un muscle plus court ou plus long, pour que tes mains de jeune homme, au bout de tes vieux bras, se souviennent encore et s’étonnent de ne pas la retrouver. Coupe tes mains, Jason, coupe tes mains tout de suite! Change de mains aussi si tu veux encore aimer. 

Jason : Crois-tu que c’est pour chercher un autre amour que je te quitte? Crois-tu que c’est pour recommencer? Ce n’est plus seulement toi que je hais, c’est l’amour!  Médée Anouilh

Je t’ai aimée, Médée. J’ai aimé notre vie forcenée. J’ai aimé le crime et l’aventure avec toi. Et nos étreintes, nos sales luttes de chiffonniers, et cette entente de complices que nous retrouvions le soir, sur la paillasse, dans un coin de notre roulotte, après nos coups. J’ai aimé ton monde noir, ton audace, ta révolte, ta connivence avec l’horreur et la mort, ta rage de tout détruire. J’ai cru avec toi qu’il fallait toujours prendre et se battre et que tout était permis.  Médée Anouilh

Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire. Apollinaire

Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais s’il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. Musset

J’écrivais des silences, des nuits, je notais l’inexprimable. Je fixais des vertiges. Rimbaud

L’amour est à réinventer. Rimbaud

Elle jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus. La Fontaine.

C’est peut-être ça être vivant. Traquer des instants qui meurent.  M.Barbery

Il me sourit et je fonds. Je tends la main vers son épaule. Toucher. Toucher. Je ne sais pas comment j’ai toute cette audace. Je ne peux pas parler mais toucher, oui. Avec lui oui, oui, oui, oui. Il sourit plus fort. Il me prend contre lui, il me serre. C’est tout ce que je veux. Et que ça ne s’arrête jamais. Je découvre je découvre. Je n’aurai jamais assez de temps pour découvrir. Ce que m’ouvre ce garçon est infini à l’intérieur de moi. Je n’en reviens pas. Je n’ai pas envie d’en revenir. Je voudrais juste rester avec lui, comme ça, toujours. On pourrait partir. Loin. On pourrait voyager, voir le monde. Avec lui, j’imagine que je pourrais tout ça. Et les gens et les paysages.     Jeanne Benameur Pas assez pour faire une femme.

Sois sage, même si tu t’amuses, n’arrête jamais de m’aimer, ne serait-ce qu’un peu.  Frida.La beauté terrible De Cortanze

D’accord, j’ai dit des tas de « je t’aime », j’ai eu des rendez-vous et j’en ai embrassé certains. Mais dans le fond, je n’ai aimé que toi. Frida Kahlo. Frida.La beauté terrible De Cortanze

Moi, je ressemble à tout le monde. Je crois que jamais personne ne s’est retourné sur moi dans la rue. Je suis la banalité. Le triomphe de la banalité. Duras Écrire

Pour que les dieux s’amusent beaucoup, il importe que leur victime tombe de haut. Jean Cocteau La Machine infernale

Voilà le plus difficile: apprendre à vivre avec ses disparus Besson

Je suis transporté par le banal. L’héroïsme m’emmerde. Etienne Davodeau

C’est parce que ton épaule à mon épaule,
Ta bouche à mes cheveux
Et ta main sur mon cou,
C’est parce que, dans mes reins,
Quand ton souffle me frôle,
C’est parce que tes mains,
C’est parce que joue à joue,
C’est parce qu’au matin,
C’est parce qu’à la nuit,
Quand tu dis « viens », je viens.
Tu souris, je souris.
C’est parce qu’ici ou là,
Dans un autre pays,
Pourvu que tu y sois,  Barbara.

On ne s’aime jamais comme dans les histoires, tout nus et pour toujours. S’aimer, c’est lutter constamment contre des milliers de forces cachées qui viennent de vous ou du monde. Jean Anouilh – L’Hermine

Avec d’autres bien sûr je m’abandonne
Mais leur chanson est monotone
Et peu à peu je m’ indiffère
A cela il n’est rien
A faire… 

La Chanson de Prévert.

Leur sincérité avait besoin de s’habiller de dérision pour rester authentique. E-E Schmitt.

Ce qui est bien la nuit quand tu t’endors dans le noir, c’est que tu peux penser à la femme que t’aime et qui n’est pas celle qui dort à côté de toi. Xavier Durringer.

Les gens qui n’avaient rien à faire ensemble ne se retrouvent pas après. Xavier Durringer.

En fait, à bien y réfléchir, je suis une éponge amoureuse, une exploratrice des temps modernes qui ne connait pas d’avance son prochain voyage. Mon sac est toujours fait. Xavier Durringer

Tu trouveras le sommeil juste, l’équilibre endormi, car il te regarde. Xavier Durringer.

Je t’aime trop. Et celui qui a dit qu’on n’aime jamais trop n’a jamais trop aimé. Sinon il saurait que ça fait mal, peur, que ça submerge, enveloppe, ronge, étouffe. Que ça empêche de faire le reste alors que, pourtant, il faut faire le reste pour que l’amour se régénère.
Maintenant qu’elle n’est plus là avec sa souffrance. Maintenant qu’elle n’est vraiment plus là, et qu’il n’y a plus que nous deux, on va faire comment pour s’aimer comme des fous traqués ? Que va-t-on espérer lorsqu’on sera les deux dans le lit, après un moment de répit qui cette fois durera toujours ? Je n’en peux plus de t’aimer tous les jours plus. J’ai accédé à mon rêve d’amour fou et, au lieu d’en profiter, je crève d’angoisse à l’idée que ça cesse. On n’aime pas toujours de cet amour-là. Avant toi, j’arrivais à vivre sans toi.  Frida Mélanie Chappuis

Il finit donc par comprendre qu’il était dans une situation que partagent beaucoup d’êtres humains, mais pas moins douloureuse pour autant, à savoir : la seule chose qui nous fait sentir vivants est aussi ce qui, lentement, nous tue. Les enfants pour les parents, le succès pour les artistes, les sommets trop élevés pour les alpinistes. Écrire des livres, pour Jasper Gwyn.   Mr Gwyn Alessandro Baricco

J’apprends que Sébastien est un va-et-vient, son courant alternatif me torture. Il me délaisse pour mieux me retrouver, ainsi tournoie notre valse. Je suis de celles qu’on abandonne, il est de ceux que rien n’attache. Disons que nous sommes faits l’un pour le trou de l’autre. Je commence une collection de disparitions. Je me couche en serrant dans mes mains ses absences. Isabelle Monnin. Les gens dans l’enveloppe.

Il n’y a pas la place pour deux absents en moi. Je suis tous mes manques. Isabelle Monnin. Les gens dans l’enveloppe.

Et plus il apprenait, plus il admirait la création, la vie et sa propre existence au milieu de toutes ces merveilles. -Imbécile! criait-il à son image dans le miroir. Tu voulais écrire, tu essayais d’écrire. Qu’est ce que tu avais dans le ventre ? Quelques notions enfantines, quelques sentiments encore imprécis, beaucoup de beauté mal digérée, une énorme ignorance, un cœur plein d’amour à en éclater, une ambition aussi grande que ton amour, que ton ignorance. Et tu voulais écrire ! Mais tu commences aujourd’hui seulement à acquérir en toi ce qu’il faut pour ça ! Tu voulais créer de la beauté ! Et tu ne savais rien de ce qui fait la beauté ! Tu voulais parler de la vie, et tu ignorais tout ce qui fait l’essence même de la vie. Tu voulais parler de l’univers et des problèmes de l’existence, quand l’univers n’était pour toi qu’un rébus chinois ! Mais courage, Martin, mon vieux ! Il y a de l’espoir, cette fois, bien que tu sois encore très ignorant. Un beau jour, avec de la chance, tu sauras à peu près tout ce qu’on peut savoir. Ce jour-là tu écriras.  Jack London – Martin Eden

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2 réflexions au sujet de « Mots qui font battre le coeur… »

  1. Je retrouve dans vos notes mes enthousiasmes de lectrice.
    Ces sédiments qui nous constituent.
    Votre plume est magnifique . Une belle découverte ce matin grâce
    à l’article à propos de  » bleu de travail  » . ( Thomas VINAU dont je suis
    Le travail et la page )
    Ce sera un plaisir de me baigner dans votre univers si proche du mien.
    Merci !

    Gratianne.

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