Au TOP !·Et mon coeur fait boum·Neuvième art

Max Winson – Jérémie Moreau [L’intégrale]

Impossible de faire l’impasse sur celui que tout le monde adule. Impassible, il entre sur le terrain et l’on se demande même si la fougue de la foule enjouée parvient jusqu’à lui. Dans son immense demeure, dans l’ombre, l’armoire croulant sous le poids des trophées prend des allures de cimetière doré et l’on comprend vite qu’arriver à un tel niveau d’excellence a un prix. Max Winson est le fruit d’un fol acharnement paternel et son génie s’est forgé dans la répétition des gestes, dans la tyrannie sans borne d’un homme dont les battements de cœur sont suspendus aux rebonds victorieux des balles de son fils. Aucune autre voie que celle de la victoire n’est envisageable et le prodige n’épargne personne puisqu’il a grandi sans que rien ne lui soit épargné.

Nourrir le fanatisme primaire des foules assoiffées de victoire. C’est ça qui vous excite?

Arrive le jour où père – mais avant tout le coach – tousse trop, où les petites fissures se préparent à faire émerger les faiblesses masquées. Les enjeux sont immenses, un remplaçant doit être judicieusement trouvé. Un match de la plus haute importance se prépare et force est de constater que le bourreau n’est pas toujours celui que l’on croit.

Du premier au second opus, entre quêtes et rencontres impromptues, de beaux duos plus ou moins éphémères se forment, déclinant à merveille les figures paternelles et soulignant les liens complexes de la filiation (qu’elle soit de sang ou de cœur). Ces visages croisés se veulent des êtres relais, des tremplins vers un cheminement intérieur incroyable. Le tennis se dévoile alors dans ce qu’il cache de plus odieux, mais aussi dans ce qu’il a de plus gracieux.

Vois la balle de tennis comme le lien qui te rattache aux autres. Cultive-le tant que tu peux.

Max Winson a quelque chose de l’albatros baudelairien. Les ailes trop grandes cèdent leur place à des jambes longilignes et vertigineuses. Gauche, fragile en dehors de sa scène, il devient immense et fabuleux lorsqu’il foule le terrain. Bien qu’il jouisse des privilèges des puissants et de l’aura des personnalités grandioses, un petit goût amer l’étreint pourtant et le ronge…

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Si le tennis est présenté tantôt comme un combat, tantôt comme une magnifique conversation, cette lecture est avant tout pour moi une sublime rencontre. Je suis à chaque fois bluffée par le talent de Jérémie Moreau qui impose avec force sa signature graphique si singulière. Ce trait souvent léger, laissant surgir l’essentiel, est une surprise sans cesse renouvelée. Les détails font profil bas au profit des flous, des traits qui tremblotent, s’émancipant des illustrations plus classiques. Les jeux de perspective brisent régulièrement le réalisme qu’on attendrait pour un tel thème et les protagonistes ont parfois des allures de géants prêts à vaciller à tout moment. Il offre ainsi à ses dessins ce perpétuel mouvement qui confère à ses héros une beauté aérienne parfois insaisissable et c’est assurément ce qu’aime vraiment chez lui.

Un vrai beau coup de cœur assez improbable connaissant mon rapport conflictuel avec le sport pour ce diptyque qui se paie le luxe d’une version intégrale parée de l’or du champion absolument canon.

Jérémie Moreau addict? Les chroniques d’autres albums : Le Singe de Hartlepool  –  Tempête au haras

Les chroniques de Caro, Noukette, Jérôme & Yvan.

Le site de l’auteur.

Pour d’autres suggestions de lectures pour les collégiens sur le thème du sport: 3, 2, 1… Lisez !

Chez Noukette
Chez Noukette

Max Winson – Jérémie Moreau

Version intégrale

24€95/  pages

ISBN : 978-2-7560-8540-1

Tome 1 – La tyrannie 15€95

Tome 2 – L’échange 15€95

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30 réflexions au sujet de « Max Winson – Jérémie Moreau [L’intégrale] »

  1. J’en suis resté au premier, qu’on m’avait prêté en plus. Rajouter cette intégrale sur ma liste de Noël me paraît parfaitement évident, non ?
    (je dois envoyer ma lettre au gros barbu en fin de semaine en plus, il est encore temps^^).

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    1. (Hey psssst. On va convenir d’un truc. A défaut d’envoyer cette référence au gros barbu, je te propose que ce titre passe par le bureau d’une de ses ouailles. (J’ai mon côté lutin à mes heures perdues.) Bref, tu as compris le message, je m’occupe du reste. ❤

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