Et mon coeur fait boum·La BD de la semaine

California Dreamin’ de Pénélope Bagieu

Ellen Cohen n’a qu’un très jeune âge lorsqu’elle s’éprend pour le monde du spectacle. Partageant avec son père sa passion pour l’opéra, le théâtre et la scène, elle affirme avec une certitude qui ne laisse pas de place au doute qu’elle compte devenir chanteuse. Pour cela, il lui faudra accepter de s’éloigner du cocon familial, Baltimore n’étant pas un terreau fertile pour la femme célèbre en devenir qui bouillonne en elle.

Sur sa route, les aléas des débuts et les rencontres qui font mouche. De ses déboires amoureux à ses tentations assouvies pour les paradis artificiels, celle qu’on appelle désormais Cass ne laisse clairement pas indifférent. Une personnalité remarquable et remarquée qui méritait assurément qu’on regarde son parcours d’un peu plus près…

Avant même la naissance de son désormais célèbre ouvrage Culottées, Pénélope Bagieu consacre ici son travail au destin de Cass Eliott, une des chanteuses du groupe The Mamas and the Papas. Cela sonne – à rebours – comme une évidence que l’autrice se soit intéressée à elle, tant cette personnalité atypique au tempérament de feu marque les esprits de celles et ceux qu’elle croise. Femme de poigne, gouaille pêchue et indéniable franc-parler, Cass Eliott bouleverse les codes et impose sa singularité vocale et musicale. Face à une telle voix, difficile de faire sans elle dans une époque où le folk offre peu de sang neuf.

Quand elle était sur scène…
…. Je voulais que ça ne s’arrête jamais…

Parce qu’entre temps, Ellen avait découvert le dowtown Baltimore, ses librairies de poésie et toute cette bande de petits péteux qui voulaient qu’on les appelle la Beat Generation.

L’autrice retrace ainsi une partie de son chemin, des rêves d’enfants aux premiers grands succès d’adultes. Avec tout l’humour et le ton qui la caractérisent, elle réaffirme son talent pour croquer les destins singuliers et impose son trait expressif qui pour la première fois ne passe pas par la tablette graphique. Et quand Pénélope Bagieu noircit les planches de son crayon sombre et charbonneux, le résultat est au rendez-vous !

À noter que les thèmes chers à l’autrice sont toujours très prégnants au fil des planches, notamment dans sa manière de dépeindre les femmes à travers un éventail de personnalités des plus variées… Enfin, nous noterons qu’elle est, une fois de plus, une des rares à mettre à l’honneur une héroïne au corps en dehors des normes tout en dénonçant subtilement les discours -masculins et féminins – qui montrent du doigt celles et ceux qui s’éloignent des codes sociétaux. Un joli coup (de cœur) en toute intelligence pour un titre passionnant, à l’image de son héroïne.

Chez Stephie

BO des pages tournées : Dream a little bit of me

Pénélope Bagieu au milieu des livres:

California Dreamin’ de Pénélope Bagieu
Éditions Gallimard Bande dessinée
 23,50€ / 280 pages / 2015
Prix Harvey du meilleur livre européen
Bande dessinée – 9e Art – Sacrées femmes

12 réflexions au sujet de « California Dreamin’ de Pénélope Bagieu »

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