L'Art du Roman·Les classiques c'est fantastique·Lire l'ailleurs.

Anne d’Avonlea – Lucy Maud Montgomery

Anne était toujours à l’affût des âmes sœurs

La petite Anne a désormais grandi. Loin d’elle, les déboires de ses premiers mois difficiles passés à Green Gables. Étudiante brillante, elle s’apprête à prendre ses fonctions d’institutrice à l’école d’Avonlea et à mettre un pied dans la vie de l’adulte qu’elle n’est pas encore tout à fait. Mais si son âme passionnée porte les plus nobles idéaux sur cette profession, cette dernière va vite faire face à certaines déconvenues – pour ne pas dire désillusions – qui solliciteront toute la force d’esprit et de caractère qu’on lui connaît.

Oui l’amitié c’est très beau mais un jour… Elle s’interrompit brutalement. […] Jusqu’ici le cœur d’Anne ne nourrissait que des rêves d’amitié et d’ambition, et Madame Alan ne voulait pas ternir l’éclat de sa douce inconscience. Aussi, elle laissa aux années à venir le soin de finir sa phrase.

À la ferme, la vie suit son cours et de nouveaux visages font leur apparition: Dora et Davy, des jumeaux particulièrement insupportables et difficilement gérables donnent du fil à retordre à cette chère Anne et à sa tendre Marilla. Un étrange voisin s’installe également et son caractère haut en couleur va vite éveiller la curiosité des villageois toujours avides de commérages qui feront vibrer un instant leur quotidien ronronnant. Les heures en classe et en-dehors de l’école sont ainsi loin d’être de tout repos. Toujours aussi fidèle à ses amitiés d’enfant rêveuse, elle côtoie encore ses ami·es d’enfance et semble sensible au devenir de Gilbert Blythe qui ne la laisse jamais indifférente. Enfin, elle met une volonté sans égale à s’impliquer dans la vie de la communauté ayant de l’énergie à revendre pour valoriser la beauté de son village si cher à son cœur.

Les rêves et les histoires, c’est très bien pendant la journée, sous le soleil, mais lorsque viennent la nuit et le vent, ça ne suffit plus. À ce moment-là, on a besoin de choses tangibles. Mais tu ne peux pas savoir. Dix-sept années sont incapables de savoir.

Ce tome est entre deux vies. Celle de l’adolescence que l’on quitte et celle de l’âge adulte qui approche à grands pas. Au fil des ans, la jeune fille spontanée a quelque peu perdu de son espièglerie et semble avoir laissé derrière elle une part de ses élans et emportements adolescents. Toujours un peu gauche mais loin d’être une ingénue, Anne demeure un personnage dont il émane une tendresse et une douceur infinie. Son esprit bouillonne et c’est non sans mérite qu’elle a trouvé sa place dans ce village qui lui a apporté bien plus qu’une famille. Elle devient un des ses piliers, une femme respectée et aimée pour sa grande humanité.

C’est seulement que je suis fatiguée de tout, même des échos. Il n’y a rien d’autre que des échos dans ma vie, des échos d’espoirs perdus, de rêves et de joies tous disparus. Ils sont beaux, mais moqueurs.

La suite d’Anne de Green Gables est ainsi à l’image de la personnalité de son héroïne. Assagie, elle semble peut-être un peu plus lisse dans ce deuxième opus qui ne compte guère de rebondissements. Si je l’ai lu à une vitesse folle – débordant d’enthousiasme à l’idée de poursuivre ma lecture – j’avoue m’y être parfois un peu perdue, plus vite lassée par cette petite routine au charme qui manquait d’entrain à mes yeux… Jusqu’à ce que… surgisse un personnage absolument incroyable et fantasque à la folle gaité excentrique à laquelle Anne ne pouvait qu’être sensible. La rencontre entre ces deux personnalités offre ainsi de très belles pages et apporte le soupçon de mélancolie et de folie qui faisait un peu défaut dans ce deuxième tome.

Mais tu sais Anne, un cœur brisé, dans la vraie vie c’est moins redoutable que dans les livres.

Affaire à suivre, puisque le troisième roman Anne de Redmond est désormais mien !

  • Chronique du tome 1
  • Chronique du tome 2
  • Chronique du tome 3 (À venir)
Anne d’Avonlea (Tome 2) de Lucy Maud Montgomery
Traduit de l’anglais (Canada) par Isabelle Gadoin
Splendide couverture de Midori Kusano
(Formidables) Éditions Monsieur Toussaint Louverture, dans l’ingénieuse collection Monsieur Toussaint Laventure
16.50 € / 354 pages / 1909 (2021 pour la présente édition)
Lire l’ailleursFamille je t’aime, famille je te haisLes classiques c’est fantastique

8 réflexions au sujet de « Anne d’Avonlea – Lucy Maud Montgomery »

    1. Je le trouve un peu monotone et moins dynamique que le premier tome de la série. Néanmoins, le dernier tiers m’a vraiment bien convaincue et je compte bien poursuivre la lecture de la série (et l’achat compulsif des éditions MTL…)

      Aimé par 1 personne

  1. Me suis gourée… Appâtée par cette magnifique couverture, j’ai cru que c’était le tome 1 (lu il y a quelques années dans l’ancienne traduction). Bref, de toute façon je veux les 3 !!

    Aimé par 1 personne

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