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Ces jours qui disparaissent – Timothé Le Boucher

J’ai l’impression de disparaître.

Lubin, grand blond lumineux plutôt gâté par la nature est un artiste-acrobate un peu rêveur. Un jour, tout bascule. Une chute impressionnante et son horloge biologique s’avère aussitôt un peu chahutée. Lorsqu’il se couche le soir, il ne se réveille que le surlendemain. Si ce sommeil profond l’interpelle, quelle n’est pas sa surprise lorsqu’il se rend compte qu’un jour sur deux, un « autre » Lubin se réveille.

Entouré d’amis fidèles, il apprend à s’adapter à cette double vie qui le déstabilise et qui n’est pas du goût de la jolie brune qui partage sa vie. Ainsi, deux Lubin coexistent. L’un plus doux, plus léger. L’autre plus méticuleux, plus maniaque, plus organisé. Une petite routine qui « leur » convient s’installe jusqu’au jour où l’une des personnalités va prendre le dessus sur l’autre créant un véritable déséquilibre entre ces vies alternées…

– Tu m’abandonnes? – C’est de la mauvaise rhétorique mais je crois que tu t’abandonnes toi-même Lubin.

Dès lors, le temps s’affole, le quotidien se noie sous une mécanique implacable difficile à maîtriser pour le héros. Les rides se creusent, les cheveux blanchissent, les êtres tant aimés s’éloignent et les habitudes deviennent trop rares pour porter ce nom… Une vie accélérée, une course folle qui soulève évidemment la question de notre rapport au temps qui passe, des liens qui nous unissent aux gens qui comptent véritablement et durablement.

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 Notre corps est fragile et je n’ai plus rien à perdre si le phénomène perdure.

Un album qui de chronique en chronique s’impose comme un coup de cœur franc et unanime chez les amateurs de bulles. S’il me manque indéniablement l’étincelle du charme graphique, force est de constater que le récit de Timothé le Boucher emporte, interroge et ne laisse pas insensible. Toutefois, je regrette un peu ce trait un peu trop lisse et froid à mon goût et ces couleurs qui manquent clairement de nuances… On pardonnera toutefois aisément ces petites faiblesses qui ne sont que des petits bémols face à la force d’un récit qui prend à la science-fiction ce qu’elle a de captivant tout en s’offrant la finesse d’une réflexion philosophique particulièrement édifiante.

Un album à lire pour suspendre le temps.

Les chroniques de Noukette / Mo / Maël / Caro / Faelys / Mon petit Carré jaune / Jérôme / Yvan.

Le blog de l’auteur.

Chez Noukette

Ces jours qui disparaissent – Timothé Le Boucher

Éditions GLÉNAT

Collection 1000 feuilles

192 pages / 22€50

ISBN: 9782344013328

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48 réflexions au sujet de « Ces jours qui disparaissent – Timothé Le Boucher »

  1. Partir. Oublier le temps qui passe. Se coller à Lubin, ressentir son trouble. Je crois que de lecteur en lecteur, on retrouve ce même état dans lequel nous met l’album. Et ce dessin un peu raide, abrupte, je cris qu’on parvient à l’oublier, finalement. Ravie de te lire sur ce titre Madame 😉

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    1. J’ai presque l’impression qu’il s’agit déjà d’un classique. Le scénario me tente plus que de raison, mais les dessins a priori pas vraiment. Je le note malgré tout car je pense changer d’avis à la lecture 😉

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    1. Je suis d’accord avec toi quand tu dis qu’il en a sous le pied. En revanche, j’ai tellement lu de chroniques follement enthousiastes que je m’attendais à quelque chose de vraiment épatant et bluffant. Là j’ai aimé mais sans aller jusqu’à crier au coup de coeur! Tu t’en charges pour moi, et c’est très bien pour ce jeune homme ! Vraiment !

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  2. Sans vos billets, cet album n’aurait pas attiré mon attention, tant le graphisme me laisse de marbre. Mais puisqu’il a réussi à te faire dépasser cette première impression , j’irai y voir de plus près (en bibliothèque).

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  3. Je ne sais pas pourquoi mais je n’arrive pas à me sentir tentée, je l’ai déjà beaucoup feuilleté chez mon libraire et il me laisse froid, je crois que c’est le graphisme, ça ne passe pas avec lui 😉

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  4. Tiens, c’est ma BD de la semaine prochaine, à moins que je refasse – encore – un autre switch… c’est possible aussi ça! J’ai aimé mais on dirait que je suis restée extérieure. Après par contre… j’y ai tellement, tellement pensé. J’en ai même rêvé.

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  5. Bonjour Moka,
    Un Album que j’dore, comme tu dois le savoir.
    En complément, je me permet de te donner le lien de l’interview que j’ai réalisé du Timothé, pour avoir quelques explications, à la source :

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  6. Mon avis rejoint un peu le tien. Après, toutes les très bonnes BD ne « matchent » pas forcément avec notre sensibilité… Je vais rajouter ta liste des billets de la joyeuse bande sur le mien du coup.

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