68 premières fois·L'Art du Roman

Monsieur Origami – Jean-Marc Ceci

Un homme. Des silences qui laissent parfois s’échapper quelques mots, quelques bribes de passé. De la délicatesse et tout le mystère qui émane  de ces personnages littéraires impalpables. L’histoire se passe dans une Toscane qui aurait cédé – par amour –  un peu de place au Japon. Kurogiku a fini par faire de ce bout d’Italie sa terre d’adoption et cet homme est alors devenu avec le temps l’emblématique et mystérieux Monsieur Origami. Un jour, un jeune homme tout aussi singulier que lui frappe à sa porte. Le début d’une rencontre, l’émergence d’un échange qui ne reposera pas que sur les mots mais qui se voudra un vrai partage.

L’origami le plus populaire et symbolique au Japon est la grue. La légende raconte que si l’on parvient à plier mille grues en papier, tous nos vœux se réalisent.

Fruit d’un récit des plus contemplatifs, Monsieur Origami joue sur les échos, s’amuse des répétitions justement choisies, comme s’il fallait par mimétisme, dire ce geste mille fois répété lors du pliage de cet art nippon si précieux qu’est l’origami. Le lecteur se prendra au jeu, lira, savourera, appréciera probablement la sérénité qui se dégage des pages à la manière d’un petit traité de sagesse. Il y découvrira un texte qui s’émancipe des codes romanesques pour parfois flirter avec une véritable prose poétique.

J’avais le choix. Suivre mon brouillard, ou suivre mon éclair de lumière. Silence. Tout dans la vie n’est-il pas que prétexte. Le brouillard n’est-il pas le prétexte de la clarté que l’on veut se cacher soi-même. On sait. On prétend ignorer. On a la réponse, quand même on demande. On doute de soi, on prétend douter des autres. On est aimé. On prétend douter de cet amour. Silence. Je vivais de projections, de rêves, de passés et d’avenirs. Il était temps de vivre le présent de mon corps et du maintenant.

Une bulle. Une bulle légère. Peut-être un peu trop d’ailleurs. Une bulle qui est restée suspendue, insaisissable, juste à côté, en dehors de moi, sans jamais me faire une place à l’intérieur de cette ambiance si aérienne. Typiquement le genre de roman qui m’effleure sans avoir le temps de s’ancrer là, parmi les pages qui restent et me sont chères. Des mots couchés sur du papier qui vont hélas, très vite s’évaporer et tomber dans l’oubli. Une lecture-passade plus qu’une réelle vraie et belle rencontre. Il faut croire que ce « roman » n’était pas vraiment fait pour moi.

A quoi sert-il d’avoir si être nous manque ?

Les chroniques plus enthousiastes de Noukette, Eimelle, Joëlle, ManU, Nicole, Mon Carré Jaune.

Monsieur Origami – Jean-Marc Ceci

Éditions Gallimard -Collection Blanche

15 € / 160 p

ISBN : 978-2-07-019772-9

Rentrée littéraire Août 2016

Rentrée littéraire 2016 3% Touche à tout 17/18
Rentrée littéraire 2016
3% Touche à tout 18/18

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Publicités

34 réflexions au sujet de « Monsieur Origami – Jean-Marc Ceci »

  1. Je viens tout juste de le lire également et, au contraire, ce livre m’a beaucoup apporté et m’a marquée.
    Tu en parles avec beaucoup de justesse, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ta chronique ! 😘

    J'aime

  2. Mais pourtant tu en parles si bien ! Pour moi, c’est le coup de cœur 2016 🙂 Je me permets :
    Lien vers ma note de lecture : https://pativore.wordpress.com/2016/10/25/monsieur-origami-de-jean-marc-ceci/
    Lien vers mon interview de l’auteur : https://pativore.wordpress.com/2016/12/31/interview-de-jean-marc-ceci/
    Et encore bonne année 2017 🙂 Riche en belles lectures, découvertes, rencontres 🙂 Et que tes vœux se réalisent 🙂

    J'aime

    1. Je crois que ce sont les deux ou trois passages qui évidemment m’ont touchée. Je dois admettre qu’ils sont trop rares au milieu de cette histoire redondante qui a vite fini par me lasser. J’étais contente de refermer le livre et d’en avoir fini avec lui. C’est dommage…

      J'aime

  3. « L’insoutenable légèreté de l’origami » ??? ^-^ Je pense que j’aime la poésie, j’aime les romans à écriture poétique mais pas que… Il faut un temps pour tout et cette « bulle » dont tu parles doit au moins laisser une trace quand elle éclate… Il m’a tenté ce livre, puis non, puis ton avis…alors à l’occasion, s’il me tombait entre les mains ! 😀

    Aimé par 1 personne

  4. J’ai aussi beaucoup aimé suivre les pas de Maître Kurogiku qui quitte le Japon avec trois plants de mûrier à papier pour la Toscane. Un long voyage pour retrouver une italienne croisée dans son village, mais surtout une superbe quête philosophique et poétique. Un livre magnifique de simplicité et de profondeur. #RL2016 #monsieurorigami #gallimard #jeanmarcceci #68premieresfois #premierroman #rentreelitteraire http://urlz.fr/44nq

    J'aime

  5. C’est drôle j’ai lu un avis similaire au tiens : ce roman a l’air d’avoir tout pour plaire et pourtant on passe à côté. Enfin, ça m’intrigue quand même, je vais voir s’il est dispo à la bibli.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s